Salle du Conseil des Douze

Au 18e siècle, le Conseil des Douze (ou Petit Conseil) de la ville siège dans cette salle juste en face de la salle du Grand Conseil. Composé de douze conseillers tous bourgeois de la ville et élus à vie, il se réunit 1 à 2 fois par semaine pour régler les affaires courantes.

Exécuté par Pierre-Abraham Guignard, le décor de cette pièce se démarque des autres par des boiseries plus modernes de style Louis XVI, conférant au lieu son caractère de prestige et de solennité. Le Conseil des Douze s’y réunit pendant vingt-cinq ans, jusqu’à la Révolution vaudoise de 1798.

La municipalité instituée par les changements de régime politique prend dès lors possession de cette salle pour le premier tiers du 19e siècle.

En 1834, la salle devient le lieu d’exercice de la justice, tandis que la chambre de justice originelle donnant sur les pas perdus est dévolue aux séances de l’exécutif. Cette configuration se maintient jusqu’à la fin du 20e siècle. C’est à ce moment-là qu’on place les inscriptions au-dessus des portes. Sous « Salle des XII » on devine ainsi encore les marques laissées par l’inscription « Tribunal ».

Au début des années 2000, le tribunal civil se déplace progressivement sur le site du tribunal d’arrondissement des Anciennes Casernes. La salle est toutefois encore utilisée aujourd’hui pour des audiences, de même que la salle des débats. Un des derniers aménagements liés à cette fonction, – le podium du juge -  a été supprimé en 2006.

Les poêles de l’hôtel de ville

Le 18e siècle vaudois connaît un essor dans la production de poêles en catelles, qui constituent alors le système de chauffage le plus prisé. Six salles de l’hôtel de ville d’Yverdon en sont équipées. Ils sont commandés vers 1770 à deux potiers de terre yverdonnois influents dans le Pays de Vaud : Jean-Albert Pavid (1710-1778), descendant d’une famille de potiers, et le bernois Jacob Ingold (ca.1742-1816), dont l’atelier est extrêmement productif à la fin du siècle.

Les ornementations qui relient les catelles ainsi que les décorations des poêles, très riches, évoquent le style rocaille, traditionnel. Les catelles, carreaux de céramique, sont l’œuvre de deux peintres, Pierre Jaquet et Jérémias Reiner. Tous deux composent des paysages de ruine ou des scènes bucoliques, témoignant de l’esthétique néoclassique alors émergente. Si l’ensemble des illustrations peintes sur les catelles correspond à la production majoritaire de l’époque et de la région, il faut noter deux exceptions pour le poêle de la salle des Vingt-Quatre (actuelle salle des mariages), sur lequel figurent une allégorie de la Justice et le temple d’Yverdon dont la construction date de 1757. Jérémias Reiner signe ces deux illustrations de maître, soulignant la précision et la qualité de son pinceau.

Les poêles de l’hôtel de ville sont restaurés entre 1986 et 1988 sans chercher à leur rendre leur fonction première, abandonnée au début du 20e siècle. Comme l’ensemble du bâtiment, ils sont classés.

Galerie photos
Contact
Archives de la Ville
Le lien a été copié !

Vous ne trouvez pas ce que vous recherchez ?