Généralité

L’ancienne décharge du Saut est une ancienne zone d’entreposage de déchets ménagers et de déchets industriels, exploitée sous autorisation cantonale entre 1969 et 1996. Elle est considérée comme un site pollué au sens de l'Ordonnance sur l'assainissement des sites pollués (OSites, 1998). À ce titre, elle est inscrite au cadastre des sites pollués et est investigué selon une procédure définie par cette ordonnance.

Ainsi, des mesures d’investigation et de surveillance sont menées depuis plusieurs années pour déterminer si les substances résiduelles présentes dans les sols et les eaux du site peuvent constituer un risque pour la santé ou pour l’environnement.

La phase de surveillance technique pour la période 2022-2025 avait pour objectif de préciser l'évolution de la migration des polluants vers les eaux souterraines et les eaux de surface. Ces investigations ont confirmé la présence de métaux lourds, solvants chlorés et PFAS. Une décision sera prise prochainement quant au besoin d’assainissement du site.

En parallèle, une phase d’investigation spécifique pour évaluer les éventuelles atteintes à la fertilité des sols a mis en lumière des pollutions par des substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) et des métaux lourds sur certaines zones du site. Les investigations ont démontré que cette pollution des sols est circonscrite au périmètre de l’ancienne décharge.

Les autorités cantonales ont rendu des décisions et émis des recommandations quant à l’usage des sols.

Le site se trouve à environ 2 km au sud-ouest du centre-ville d’Yverdon-les-Bains, entre la Thièle et le canal Oriental et à proximité du Centre équestre.

Le site occupe une surface d’environ 5 hectares.

L’annexe 1 détaille les activités du secteur et ces différentes zones.

Dans sa partie nord, le site de l’ancienne décharge est divisé en trois pôles d’activité, soit les parcs à chevaux, aires d’entrainement pour les chiens et une zone d’élevages de petits animaux et potagers.

Dans sa partie sud, on y trouve une prairie de fauche et un cordon boisé classé en zone forêt.

Les données disponibles montrent qu’il n’y a pas de danger immédiat en lien avec la pollution de l’ancienne décharge pour la santé des riverain·es, des animaux ou des usager·ères du site, en l’état de l’utilisation actuelle. En effet, bien que des pollutions soient présentes :

  • Les eaux souterraines ne sont ni utilisées pour l’alimentation en eau potable, ni pour l'irrigation de cultures alimentaires.
  • Les gaz produits par la dégradation des déchets respectent les normes établies par l’OSites dans l'air interstitiel du sol.
  • Aucune place de jeu n’est implantée sur le site.

Une évaluation détaillée des risques pour les utilisations actuelles et potentielles du sol, (ingestion de terre par les enfants et consommation de produits cultivés ou fourragers), a été réalisée par la Ville et le Canton.

Les sols des zones utilisées pour les activités de dressage pour chiens, les jardins familiaux ou les parcs à chevaux (S1) sont très peu pollués. Leur usage ne représente pas un risque pour la santé humaine ou animale.

Dans certains parcs d’ébattement (S2) et dans les surfaces utilisées pour l’agriculture (S3), les investigations ont mis en évidence une pollution des sols et des eaux souterraines par des métaux lourds et des substances poly- et perfluoroalkylées (PFAS). Bien que le risque sanitaire soit limité, les autorités cantonales ont ordonné des mesures de restrictions et recommandé des mesures de précaution pour garantir la sécurité à long terme :

  • Afin d’éviter tout risque potentiel futur pour la santé humaine, les autorités ordonnent de supprimer toute voie d’accès à la chaîne alimentaire. Ceci inclut l’interdiction de l’utilisation des fourrages destinés aux bovins et l’interdiction d’accès des animaux de rente à certains parcs d’ébattement (S2).
  • De plus, afin de réduire le risque potentiel lié à l’ingestion ou l’inhalation involontaire de terre, il est préconisé que les usagers du manège appliquent des mesures d’hygiène de base comme le lavage fréquent des mains et le pansage des chevaux en zones aérées et ventilées.

Ces mesures sont inscrites dans la décision de restriction d’usage des sols que l’autorité cantonale (la Direction générale de l’environnement : ci-après : DGE) a rendu le 28 novembre 2025 ainsi que dans les recommandations émises par la DGE le même jour, qui visent à sensibiliser les usagers et les usagères du site aux mesures d’hygiène de base à adopter sur place.

Sols

Des analyses ont montré la présence de métaux lourds notamment du mercure, cadmium, zinc, et cuivre, ainsi que des PFAS dans certains sols. Ces polluants ne s’évaporent pas et restent principalement confinés dans le sol, de sorte qu’il n’y a pas de risque direct d’inhalation ou de contamination par l’air ambiant.

Les sols des surfaces de certains parcs d’ébattement (S2) et prairies agricoles (S3) présentent des dépassements de concentration de ces polluants au-dessus des seuils d’investigations de l’Ordonnance fédérale sur la protection des sols (ci-après : OSol).

L’évaluation de la qualité des sols alentours démontre que les pollutions sont circonscrites au périmètre de l’ancienne décharge du Saut, ce qui exclut une pollution plus étendue hors de la zone cadastrée « site pollué ».

L’observation des recommandations des autorités cantonales comme l’adoption de mesures d’hygiène, telles que le lavage des mains et le pansage des chevaux limitant l’inhalation de poussières, permet de réduire le degré d’exposition.

Eaux souterraines et de surface

Les analyses ont détecté dans les eaux souterraines, en aval de la décharge des concentrations en ammonium, certains métaux lourds et des solvants chlorés comme le chlorure de vinyle (CV). Ces substances sont typiquement associées à la dégradation de déchets.

Non, car les eaux souterraines à l'aval hydraulique de la décharge ne sont pas utilisées pour l’alimentation en eau potable.

L’eau potable de la ville provient en totalité de sources protégées ou du lac, éloignés du périmètre influencé par le site. Elle fait l’objet de contrôles fréquents et stricts par l’entreprise Sagenord.

Une partie des eaux souterraines à l'aval hydraulique de la décharge s'exfiltre dans les eaux de surface, notamment dans le ruisseau du Saut qui jouxte la décharge.

Ces exfiltrations restent diffuses et modérées. Les concentrations en PFAS mesurées directement dans le ruisseau du Saut sont inférieures au seuil de l’ordonnance sur l’assainissement des sites contaminés exigeant une surveillance. Ce cours d’eau n’est en outre pas référencé comme un cours d’eau piscicole. L’impact de l’ancienne décharge sur les eaux de surface sera toutefois considéré dans l’évaluation prochaine du besoin d’assainissement par l’autorité cantonale.

L'impact de cette voie de pollution est faible pour trois raisons :

  • Les débits des cours d’eau sont importants en regard des flux exfiltrés (principe de dilution) ;
  • L'étanchéification des berges de la Thièle a réduit le flux des exfiltrations vers le cours d’eau ;
  • La géologie locale est complexe et ralentit la migration de flux de polluants.

Présence de PFAS

Oui. Des analyses ont révélé la présence de substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) dans les sols, et sporadiquement dans les eaux. Ces composés sont issus de produits industriels (mousses anti-incendie, revêtements imperméables, etc.) et sont aujourd’hui considérés comme des polluants éternels en raison de leur persistance dans l’environnement.

Ces substances sont présentes partout en Suisse, en Europe et dans le monde. De par cette omniprésence, il est difficile d’affirmer avec certitude si les PFAS retrouvés dans l’emprise et à l’aval immédiat de la décharge sont liés aux activités d’enfouissement des déchets d’époque ou à une autre source.

Tant sur le plan européen que fédéral, le travail du législateur ne fait que commencer sur cette problématique, apparue relativement récemment.

Dans certaines zones du site, les teneurs mesurées dépassent les valeurs de concentration pour les eaux et les sols définies par l’Office fédéral de l’environnement (ci-après : OFEV), ce qui rend nécessaire une surveillance du site.

Pour autant, au même titre que pour les autres polluants, l’exposition à ces substances par voie d’ingestion directe de terre polluée ou d’inhalation de poussières est limitée au regard des utilisations actuelles du site.

Afin de respecter le principe de précaution et éviter ainsi tout risque de contamination sur le long terme, les mesures suivantes ont été prises :

  • Renforcement des mesures d’hygiène pour les utilisateur·trices et les employé·es du Centre Equestre :
  1. Un rappel sous forme d’affichage aux mesures d’hygiène simples comme le lavage régulier des mains et préférence au pansage en zones aérées et ventilées ;
  2. Mise à disposition d’étrille d’aspirations (aspirateur pour chevaux) afin de nettoyer le pelage en profondeur, débarrassant de la poussière potentiellement polluée, mais aussi des cellules mortes de la peau et des parasites ;
  3. Mise à disposition de douche pour le lavage des chevaux ;
  • Interdiction d’utilisation des parcs d’ébattement à chevaux S2 pour les animaux de rente ;
  • Destruction du produit de fauche de la prairie S3 (fourrage) pour éviter son entrée dans la filière d’alimentation animale.

Les PFAS sont présentes partout, en Suisse, en Europe et dans le reste du monde. En raison de leur persistance, une exposition chronique à ces composés chimiques peut avoir des effets néfastes sur la santé. L'être humain est exposé aux PFAS principalement par la consommation d'eau potable et d'aliments contaminés.

Les eaux souterraines à l'aval hydraulique de la décharge ne sont pas utilisées pour l’alimentation en eau potable. L’eau potable de la ville provient en totalité de sources protégées ou du lac, éloignés du périmètre influencé par le site. Elle fait l’objet de contrôles fréquents et stricts par l’entreprise Sagenord.

Le risque d’exposition par inhalation ou l'ingestion de terre polluée du site est, quant à lui, très faible. Conformément aux principes de précaution et de proportionnalité des mesures préventives ont été décidées, incluant l’interdiction d’ébattement pour les animaux de rente (S2) et la fin de l’exploitation de la prairie de fauche destinée à l’alimentation d’animaux de rente, en complément des mesures d'hygiène.

Activités équestres

Aucun impact sur la santé des équidés n’a été observé. L’activité du centre équestre est maintenue.

Par mesure de précaution, l’usage des parcs d’ébattement (S2) situés sur l’ancienne décharge a été interdite pour les animaux de rente afin de protéger la chaine alimentaire,

L’exposition des chevaux est jugée faible, notamment car le site est uniquement utilisé comme parc d’ébattement et non comme pâturage. Aucun impact sur la santé de ces animaux n’a été observé.

Mesures de précaution

Les recommandations d’hygiène et les restrictions d’usage des parcs d’ébattement (S2) pour les animaux de rente sont mises en oeuvre au titre du principe de précaution, afin d’éviter tout risque, même potentiel, pour la chaine alimentaire et les employé·es et utilisateur·trices du manège.

Prochaines étapes

Le besoin d’assainissement du site est en cours d’évaluation par l’autorité cantonale. En fonction du résultat, des investigations de détail pourront avoir lieu afin de définir les buts de cet assainissement et d’évaluer les variantes possibles.

Un dispositif de surveillance des éventuels impacts sur l’environnement, notamment sur les eaux souterraines et superficielles, demeure en place.

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